1845, non loin de Paris.
Vous êtes invité chez Balzac, vous cherchez la maison. Elle est cachée derrière un hôtel particulier, mais vous finissez par trouver. Vous sonnez. On vous demande un premier mot de passe.

Vous empruntez l’escalier plutôt raide qui mène dans le jardin cinq mètres plus bas. Deuxième mot de passe…
Pourquoi toutes ces précautions ? Balzac se cache ici de ses créanciers. La maison, aujourd’hui située dans le 16e arrondissement de Paris, se trouve alors en périphérie, presque à la campagne. Balzac y vit sous un faux nom, et filtre avec soin ses visiteurs.
Et si les créanciers le retrouvent malgré tout ? L’écrivain a tout prévu : deux étages plus bas, à flanc de colline, une issue de secours permet de sortir de l’autre côté du bâtiment, en toute discrétion.

Le roman de Balzac La Peau de chagrin est au programme du bac de français. Les déléguées de 1e 1 (merci à elles !) ont pris l’initiative de cette visite à la Maison de Balzac, et se sont renseignées sur le trajet et les tarifs. Quelques semaines plus tard, le projet se concrétise.
Une visite guidée en deux groupes – parce que les pièces sont exiguës – nous permet de découvrir les lieux, ainsi que le mode de vie très particulier de l’auteur : levé à minuit, Balzac travaille toute la nuit – profitant du silence de la blanchisserie au sous-sol, puis presque toute la journée, buvant café sur café, et ne s’accordant que quelques pauses pour manger. Vers 17 heures, il dîne et se couche, pour se reposer cinq ou six heures avant de recommencer. À ce rythme effréné, il ruine sa santé et meurt avant d’avoir achevé l’œuvre monumentale dont il a élaboré le projet : la Comédie humaine.
Sont conservés dans la maison de Balzac son fauteuil, ainsi que la table sur laquelle il a écrit ses 87 ouvrages (il en prévoyait 137), qui le suivait dans tous ses déménagements. Le jardin, qui est aujourd’hui un square parisien, offre une vue sur la tour Eiffel. Un petit écrin hors du monde, pour plonger au cœur du XIXe siècle.

V. Point

Maison Balzac