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Verdun, 100 ans après

Par Véronique Veillon, le 21 octobre 2015

Au milieu des 52 mois d’horreur et de souffrances qu’a duré la Première Guerre mondiale, le nom de VERDUN occupe une place à part. Même ceux qui ne sont pas férus d’histoire récente savent que la ville et ses environs ont été le théâtre d’un long affrontement (février à décembre 1916) qui fit plus de 300 000 morts dans chaque camp sans apporter d’issue décisive au conflit. Un haut lieu à ne pas manquer à l’occasion du centenaire de 1914-1918.

C’est donc vers ce chef-lieu de la Meuse que deux cars emmenaient les classes de 3ème le mercredi 14 octobre, dès 7 h du matin. Le voyage fut un peu long mais supporté avec bonne humeur par les élèves, munies de tout ce qu’il fallait pour écouter de la musique en route.

Pour visiter la Citadelle, qui fut bâtie au début du XVIIème siècle, on embarque à huit ou neuf sur des sortes de wagonnets qui s’engouffrent aussitôt dans l’obscurité des galeries creusées à la fin du XIXème et prolongées au début de la guerre. Des mises en scène nous offrent un aperçu de ce que pouvait être la vie des 7 000 soldats qui s’y sont abrités : on découvre qu’il existait une boulangerie fournissant 28 000 rations par jour pour nourrir les hommes sur le front, une poste, une cantine, des ‟bureaux” rudimentaires pour les officiers…

Après le pique-nique pris à l’abri car l’atmosphère était fraîche, autre temps fort et émouvant : une halte sur le site de Fleury-devant-Douaumont, un des neuf villages évacués et totalement détruits au cours de la bataille de Verdun. Les 422 habitants qui le peuplaient en 1913 ne furent jamais autorisés à se réinstaller sur les lieux, trop dangereux ; aujourd’hui encore il est recommandé de ne pas s’écarter des sentiers balisés de crainte de ‟réveiller” des obus toujours enfouis. Les élèves ont appris aussi, avec un peu d’étonnement que presque toutes les communes de France ont leur monument aux morts, y compris Drancy et Bobigny, entre autres.

La visite fut riche, complétée par un questionnaire à remplir à partir de l’exposition au Centre mondial de la Paix. On s’agace parfois de la répétition des commémorations, mais peut-on oublier, cent ans après, les épreuves supportées par tant d’êtres humains, venus des cinq continents ? Peut-on ignorer cet évènement-clé du XXème siècle ?

Réjouissons-nous aujourd’hui de ce que Français et Allemands soient devenus alliés et unissons nos efforts pour réaliser le souhait des Poilus qui répétaient à l’envi : ‟Plus jamais ça !”

Mme Gaty