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Echange avec l’Allemagne

18 juin 2013

1963 - 2013 : 50 ans du Traité de l’Elysée
1975 - 2013 : Echange entre Maria-Ward- Gymnasium de Gunzburg et l’Ecole Charles Péguy de Bobigny

A l’occasion du 50e anniversaire du Traité de Élysée, le musée du Louvre, en collaboration avec le Centre allemand d’histoire de l’art, apporte sa pierre à l’amitié franco-allemande.
Le titre « De l’Allemagne », emprunté à Mme de Staël, évoque une réflexion sur l’altérité et l’identité entre nos deux pays si proches et pourtant si étrangers, l’un à l’autre. Il n’est besoin pour s’en convaincre que d’avoir entendu le début de polémique autour de cette même exposition.

Pas de malentendu pour notre établissement, notre échange franco-allemand se porte bien. C’est avec détermination et conviction que le principe de « rapprochement des peuples », qui se traduisit en 1963 par la création de l’OFAJ, s’exprime pour notre communauté éducative, depuis 1975 par l’échange entre l’école Maria-Ward de Günzburg et l’école Charles-Péguy de Bobigny. L’organisme Franco-Allemand de la Jeunesse apporte, d’ailleurs, sa reconnaissance à nos efforts par son précieux soutien.

Tous les deux ans, les élèves francophones de l’école Maria-Ward sont reçus dans les familles de leurs correspondantes, élèves germanophones de seconde et première qui se rendent à leur tour dans les familles de leurs partenaires à Günzburg. Les dates fluctuent avec les agendas scolaires de part et d’autre du Rhin mais les programmes d’année en année sont, malgré quelques variantes, généralement constitués d’une part de cours partagés et de visites de groupe sur les « incontournables » : les fastes de Versailles rivalisant avec les dorures baroques des églises et palais bavarois.
Un échange scolaire est d’abord un voyage, une rupture dans son quotidien. Il est parfois difficile pour ces adolescentes de faire le tri dans leurs réactions. Le tournis et la fatigue des jeunes allemandes lors de leur visite parisienne n’est pas tant dû sans doute à des modalités culturelles différentes qu’au changement d’échelle : la ville de Gunzburg, aimable petite ville d’environ 20 000 habitants n’offre pas le même rythme de vie que Paris, sa banlieue et ses transports !

Les jeunes françaises découvrent, elles, une liberté de circulation, sans doute, moins propre à l’Allemagne qu’à toute province.
L’aspect linguistique est déterminant dans ce type d’échange, il n’est qu’à entendre les dernières mises au point entre amies dans le train, pour se remémorer quelques termes de vocabulaire comme d’un kit de survie ou leur récit lors des rassemblements sur la distorsion qu’elles perçoivent parfois entre le langage de la classe et un langage « jeune », coloré des mêmes négligences ou inventions qu’elles font de leur côté subir à la langue de Molière. Mais c’est une forme de surprise émerveillée que certaines expriment en constatant la fascination des élèves les plus jeunes lorsqu’elles sont en visite dans leur classe « Dis-moi quelque chose en français ! » En effet, les deux équipes pédagogiques prennent soin de placer les « visiteuses » dans des situations variées de cours qui leur permettent de découvrir le système scolaire de l’autre pays et de s’interroger (elles ne s’en privent pas) sur la relation professeur-élèves, sur les rythmes de classe, sur la discipline « Maaadame ! Elles mangent dans la classe ! »…..

En outre, l’opportunité offerte à ces élèves est de découvrir non seulement le quotidien d’un établissement scolaire de l’autre rive mais de pénétrer l’intimité d’une famille allemande ou française (voire de multiplier les aspects interculturels, compte tenu de la grande diversité des populations accueillies dans notre établissement). « Madame on a fait plein de choses, hier soir, avec Monica, les soirées sont longues, ici !.....Normal en mangeant à 18H30 ! » « Je mets ça dans quelle poubelle ? Il faut faire attention, ici, ils font VRAIMENT du tri ! ». Rien dans ces quelques échos pris sur le vif qui puisse révolutionner les relations franco-allemandes mais une approche concrète, personnelle, incarnée qui prépare à une meilleure compétence interculturelle, dimension si difficile à acquérir dans l’apprentissage d’une langue. Et puis, qui sait de la visite du château de Neuschwanstein ou de la préparation des knoddels l’emportera dans les souvenirs ? Ludwig n’est pas sûr de l’emporter !

Enfin, ne négligeons pas les adultes dans cette aventure. La disponibilité, l’engagement, l’ouverture que la réception de ces jeunes réclament sont à porter au crédit de familles qui abondent le programme de visite et de sorties pour le plus grand plaisir des deux côtés de la frontière. Les parents sont ravis de profiter de la chance qui est offerte à leur enfant mais se voient eux aussi un tant soit peu transformée par cette rencontre. Quant à l’équipe franco-allemande qui œuvre chaque fois pendant plusieurs mois pour que cet échange perdure, elle aussi, confronte, observe les différences de réponses apportées à des difficultés éducatives que nous nous étonnons encore parfois de trouver si semblables.

Le carnet de bord a été parachevé par l’adjonction des quelques documents, les photos ont été échangées via internet.
Quelques promesses de rendez-vous, cette année encore.

Affaire à suivre, en attendant 2015.

G. Métrope, professeur de Physique et Chimie